La lettre du DPE classe un logement de A, le plus performant, à G, le moins performant. Elle dépend à la fois de sa consommation d’énergie et de ses émissions de gaz à effet de serre : le moins bon des deux résultats détermine la classe finale. Cette lettre renseigne sur la performance du bien, mais aussi sur ses possibilités de location et les travaux à envisager.
Sommaire
Les lettres A à G : des seuils d’énergie et de carbone
Le diagnostic de performance énergétique, ou DPE, évalue un logement selon une méthode conventionnelle. Il ne note donc pas les habitudes de ses occupants. Les classes A et B correspondent aux logements les plus performants ; les classes F et G désignent les passoires énergétiques. Entre les deux, C, D et E traduisent des niveaux de performance intermédiaires.

Deux unités figurent sur le diagnostic : les kWh d’énergie primaire par m² et par an pour la consommation et les kg équivalent CO2 par m² et par an pour les émissions. Voici les seuils usuels, présentés en valeurs entières.
| Lettre | Consommation en kWhEP/m²/an | Émissions en kgéq CO2/m²/an | Lecture pratique |
|---|---|---|---|
| A | Jusqu’à 70 | Jusqu’à 6 | Très haute performance |
| B | 71 à 110 | 7 à 11 | Bonne performance |
| C | 111 à 180 | 12 à 30 | Performance satisfaisante |
| D | 181 à 250 | 31 à 50 | Performance intermédiaire |
| E | 251 à 330 | 51 à 70 | Performance insuffisante |
| F | 331 à 420 | 71 à 100 | Passoire énergétique |
| G | À partir de 421 | À partir de 101 | Passoire énergétique la moins performante |
Ces deux colonnes ne doivent pas être lues comme des conditions à remplir simultanément. Un logement dont la consommation relève de C, mais dont les émissions relèvent de E, obtient une classe DPE E. L’étiquette climat indique spécifiquement son niveau d’émissions ; l’étiquette principale intègre le double critère.
Pour les logements de moins de 40 m², des seuils adaptés existent. Il faut donc consulter le diagnostic ou l’attestation applicable au logement plutôt que recalculer sa classe uniquement avec ce tableau général.
Lire le rapport sans confondre classe et facture
La première page rassemble la lettre, les consommations, les émissions et une fourchette de dépenses énergétiques annuelles. Les pages suivantes expliquent les caractéristiques du logement : isolation, chauffage, eau chaude, ventilation et confort d’été notamment. Elles sont essentielles pour comprendre l’origine du classement.
L’énergie primaire n’est pas l’énergie facturée
L’énergie finale correspond à l’énergie livrée au logement. L’énergie primaire tient aussi compte de l’énergie mobilisée en amont pour la produire et l’acheminer. Les kWh du DPE ne se transposent donc pas directement sur une facture d’électricité. Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l’électricité a évolué : certains logements électriques peuvent obtenir une meilleure classe sans travaux. Une attestation peut être accessible gratuitement auprès de l’ADEME pour les diagnostics concernés.
Comparer deux logements demande plus qu’une lettre
La fourchette de dépenses repose sur des usages standardisés et des prix de référence précisés dans le rapport. Votre température de chauffage, votre présence et votre contrat d’énergie feront varier la facture réelle. Comparez aussi les surfaces : un petit logement E peut coûter moins cher à chauffer qu’une grande maison C, sans être plus performant au mètre carré.
Imaginez le logement comme une toile : la lettre donne la teinte d’ensemble, mais pas le dessin des déperditions. Deux biens classés E peuvent présenter des faiblesses très différentes, l’un sous une toiture mal isolée, l’autre à cause de son chauffage. Avant d’acheter, cherchez donc les « coutures » de cette enveloppe — jonctions des murs, planchers, fenêtres — dans le rapport et les devis. C’est là que se distingue une rénovation ciblée d’une succession de dépenses mal coordonnées.
Vendre ou louer : les conséquences concrètes du classement
Le DPE est généralement obligatoire pour vendre ou louer un logement, sauf exceptions réglementaires. Il rejoint le dossier de diagnostic technique. L’annonce immobilière doit notamment présenter les classes énergie et climat ainsi que l’estimation des dépenses énergétiques annuelles. Pour un bien F ou G, la mention « logement à consommation énergétique excessive » est obligatoire.
Location : anticiper les échéances de décence énergétique
En France métropolitaine, pour les locations concernées à usage de résidence principale, les logements classés G ne satisfont plus au niveau minimal de performance énergétique. Cette exigence s’applique selon les règles de conclusion, de renouvellement ou de reconduction du bail : elle ne signifie pas une expulsion automatique de l’occupant.
- Classe F : exclusion progressive de la location à partir de 2028.
- Classe E : même échéance à partir de 2034.
- Classes F et G : gel des loyers applicable en métropole depuis le 25 août 2022, selon les conditions légales.
Les calendriers ultramarins et certaines situations particulières diffèrent. Avant une mise en location, vérifiez les règles correspondant au territoire et au bail.
Vente : une mauvaise lettre n’interdit pas la transaction
Un logement F ou G peut être vendu, mais son état énergétique peut peser dans la négociation. Un audit énergétique réglementaire complète le DPE pour certaines ventes de maisons individuelles ou d’immeubles en monopropriété classés E, F ou G. Il présente des scénarios de rénovation ; il ne faut pas le confondre avec le diagnostic lui-même.
Contrôler la validité du DPE avant de décider
Un DPE établi selon le régime en vigueur depuis le 1er juillet 2021 est généralement valable dix ans. Les diagnostics antérieurs à cette réforme ne sont plus valables aujourd’hui. Le DPE est opposable depuis cette même date, contrairement aux recommandations de travaux, qui restent indicatives.
- Repérez le numéro ADEME à 13 chiffres sur le document.
- Recherchez-le dans l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME.
- Comparez l’adresse, la surface, la date et les caractéristiques avec le logement visité.
- Vérifiez l’existence éventuelle d’une attestation actualisant l’étiquette.
La présence d’un numéro ne dispense pas de contrôler la cohérence du rapport. Une surface erronée ou un chauffage mal renseigné mérite une explication du diagnostiqueur. Celui-ci doit être certifié et assuré. Le tarif du diagnostic est libre : demandez plusieurs devis précisant la visite et les documents remis.
En copropriété, le DPE collectif concerne le bâtiment et ne remplace pas systématiquement le DPE individuel nécessaire à une transaction. Depuis le 1er janvier 2026, le calendrier de déploiement concerne aussi les copropriétés de moins de 50 lots entrant dans le champ de cette obligation.
Améliorer sa lettre en traitant les bonnes faiblesses
La priorité dépend du facteur qui dégrade le classement : consommation, émissions ou les deux. Changer uniquement les fenêtres ne garantit pas de gagner une lettre. Il faut considérer ensemble l’enveloppe, la ventilation et les équipements, puis faire évaluer le résultat attendu.
- Limiter les pertes : étudier l’isolation de la toiture, des murs et des planchers selon leur état.
- Préserver l’air intérieur : adapter la ventilation lorsque l’étanchéité du logement est améliorée.
- Optimiser les équipements : dimensionner le chauffage après avoir évalué les besoins réduits par l’isolation.
Avant la visite du diagnostiqueur, rassemblez factures d’isolation, descriptifs des équipements et justificatifs de travaux. Pour une rénovation importante, un audit aide à coordonner les interventions et à comparer les devis. MaPrimeRénov’, les certificats d’économies d’énergie et l’éco-PTZ peuvent contribuer au financement, sous conditions. Vérifiez leur éligibilité avant de signer : une lettre visée n’est ni un devis ni une garantie d’aide.
Mis à jour le 27 octobre 2026